Entre-les-pages

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Auteur Serge BRUSSOLO

Chez PLON :
Nombre de pages 
371
Prix 14€  
ISBN 2-259-19431-1

Première édition Août 2001
(mais le titre est introuvable sur le site de PLON)





Résumé
La seconde aventure de Peggy Sue

Le père de Peggy Sue trouve un travail au beau milieu du désert. Là, des mirages s'ouvrent vers un monde idyllique où disparaissent les gens de la région ou qui passent par le désert. Et bientôt, Peggy Sue n'a plus le choix : pour sauver sa famille, elle aussi doit entrer dans ce mirage...

Mon avis
Ce second tome est une sorte de version survoltée, quasi hystérique d'Alice au pays des Merveilles. De l'aveu de l'auteur, le monde des mirages serait une sorte de représentation de l'enfer de la drogue (je suis passé un peu à côté xD, mais avec le recul, je comprends). Les thèmes abordent surtout la paresse et la gourmandise, et d'ailleurs, les malédictions qui accablent la pauvre Peggy Sue et son fidèle chien bleu au cours de son périple sont assez répétitives : les pièges l'incitent surtout à dormir, à manger (ou à être mangée !)

J'ai trouvé ce second tome moins bien ficelé que le premier. Déjà, son action est plus linéaire, Peggy Sue doit aller à un endroit et elle y fonce, un peu tête baissée, alors que dans le premier, elle se posait en victime et ne savait plus trop où donner de la tête pour juste arriver à survivre.
L'auteur multiplie les décors, les pièges, mais on a finalement un peu l'impression de tourner en rond, de retrouver sans cesse les mêmes mécaniques de récit, et il n'y a que la surenchère visuelle qui apporte un peu d'air frais (et même ça, on finit par s'en lasser), surtout dans la partie à laquelle le jardin sert de décor.

L'histoire est donc moins palpitante, mais aussi moins provocatrice, moins politiquement incorrecte. Alors que la cupidité et la bêtise était mis à l'avant-plan du premier livre, le fait d'utiliser une forme d'allégorie voile le discours de l'auteur.
Et puis Peggy Sue peine à évoluer. Peut-être même régresse-t-elle, devenant une petite fille sage qui veut sauver sa famille. Pour le coup, ça fait très image d'épinal, très héroïne pure quasiment désincarnée, et il devient difficile de se projeter en elle.
Alors que le premier (je sais, ce n'est pas bien de comparer ! rhooooooo) pouvais évoquer un film de John Carpenter, on voit plus une adaptation en jeu video de plateforme, pour celui-ci, genre mario ou kirby... dommage.

Enfin, le style de l'auteur n'a pas évolué d'un tome à l'autre, il est toujours efficace et distant. Moi, cette distance, ça me gène, j'aime bien avoir cette impression qu'on ne raconte l'histoire qu'à moi...

Mercredi 12 décembre 2012 à 21:21

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Auteur Serge BRUSSOLO

Chez PLON :
Nombre de pages 
300
Prix 13,80 €  
ISBN 2-259-19430-3

Première édition 5 avril 2001






Résumé
Peggy Sue est une collégienne qui aimerait bien ne pas avoir l'étrange pouvoir de voir des sortes de fantômes, vilains esprits qui se jouent de l'humanité.

Quand un étrange soleil bleu apparait au-dessus de la ville, tout se met à dérailler. Les cancres deviennent des génies, les animaux fomentent une révolution... Bientôt, c'est le chaos.
Et c'est exactement le but voulu par les fantômes !

Peggy Sue arrivera-t-elle à contrer les visées machiavéliques ?

Mon avis
Je connaissais déjà un peu Brussolo pour avoir lu, gosse, l'un de ses bouquins pour adultes (Derelict, Le labyrinthe du pharaon).
Maintenant que je suis adulte, je me suis penché sur ses livres pour "enfants", en me demandant ce que cela avait donné.

Dans ce premier tome des aventures de Peggy Sue, il y a du bon... et du moins bon.

Ce que j'ai bien aimé, c'est la façon qu'à l'auteur, en quelques mots, de définir le caractère des personnages, et de s'y tenir fidèlement sans les trahir  jusqu'à la fin de l'histoire. On reconnait chaque personnage dans le moindre dialogue, dans leur comportement, leurs petites habitudes mesquines. Peggy sue est une vraie collégienne, qui évolue parmi des collégiens et qui traîne sa famille autant que sa famille la traîne. A aucun moment sa nature ne varie, Brussolo a l'intelligence de ne pas en faire une petite héroïne pure, sans peur et sans reproches. Elle reste Peggy Sue.

 Alors oui, c'est très caricatural, mais la recherche de la psychologie fine, n'est pas l'objet de ce livre. L'objet, c'est amuser.

Et pour divertir, l'auteur est en plein dedans. De même que ses personnages, l'action est taillée à la serpe. Elle a un côté très formaté par le cinéma d'action américain, où le travail est mâché à l'avance, et donc ce n'est pas dans le dénouement final qu'opère la surprise. La surprise est plutôt dans la constance des rebondissements et dans le ton général de l'histoire, à cheval entre le burlesque et l'horrible, qui font qu'on ne s'ennuie pas une minute.

Le moins bon est plus une question de rythme, à mon avis. J'aurais préféré m'attarder sur certains passages qui sont baclés vite faits, comme la scène où Peggy Sue reçoit ses fameuses lunettes qui ne fait l'objet que d'un rapide flashback alors qu'il s'agit d'une scène d'initiation assez importante pour la jeune fille. J'aurais préféré que d'autres soient écourtées (celle avec le canapé, par exemple) parce qu'elles n'apportent foncièrement pas grand-chose à l'histoire. Et puis ça manque un peu de la présence du narrateur, non pas qu'il s'implique lui-même dans l'histoire, mais j'aurais aimé lire cette histoire comme on lit un conte, certes un poil macabre, mais un conte quand même. Une science de la narration plus poussée, des choses dépeintes par petites touches qui révèlent peu à peu leur importance... J'avais beaucoup aimé trouver ça dans les yeux du dragon de Stephen King, qui donnait moins l'impression d'être lu que d'être écouté, un peu comme si King racontait l'histoire autour d'un feu de camp, lors d'une veillée sympa entre potes, à faire griller des chamallows.

Cet aspect négatif ne m'a pas empêché d'acheter le second tome ^^ (vive les occaz ! )
J'ai bien envie de voir si ces petites lacunes sont comblées, et surtout hâte de savoir vers où Brussolo veut nous entraîner et les péripéties qu'il va encore inventer ! Parce que de ce côté là, c'est bien riche, et en dépit des petits défauts, c'est tout à fait le genre de récit qui m'aurait comblé étant gosse et qui éveille toujours ma curiosité et ma sympathie aujourd'hui.

Mercredi 5 décembre 2012 à 1:46

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